ıneya

INEYA Sortir du SaaS

La méthode

Sortir du SaaS sans casser ce qui tourne.

Une sortie de pile logicielle ne se décide pas par conviction, elle se décide par inventaire. Voici la méthode que nous appliquons, y compris la partie où l’on conclut qu’il faut rester.

L’inventaire d’abord, la conviction jamais

La plupart des sorties échouent au même endroit : elles commencent par un principe et pas par une liste. On décide qu’il faut tout rapatrier, on attaque par l’outil le plus visible, et on se retrouve six semaines plus tard avec une messagerie à moitié migrée et une équipe qui a perdu confiance.

La bonne première journée est ennuyeuse : douze mois de relevés bancaires, chaque prélèvement récurrent rattaché à un outil, chaque outil rattaché à un responsable interne et à une date de renouvellement. Dans une entreprise de cinquante personnes, cette liste compte presque toujours plus de lignes que la direction ne l’imaginait, et une partie de ces lignes ne sert plus à personne.

Le test de réversibilité, à passer outil par outil

Quatre questions. Un outil qui échoue aux quatre est un outil dont vous ne sortirez pas sans douleur, et il vaut mieux le savoir maintenant qu’au moment de partir.

Que récupérez-vous exactement ?

Pas la liste des exports promis dans la documentation : demandez un export réel, aujourd’hui, et ouvrez le fichier. La différence entre les deux est la mesure de votre dépendance.

Combien de temps votre métier tient-il sans cet outil ?

Une heure, une journée, une semaine ? La réponse décide de l’ordre de bascule bien mieux que le montant de la facture.

Qui, chez vous, sait comment il est configuré ?

Si la réponse est une seule personne, ou pire personne, l’outil vous tient déjà, quel que soit son éditeur.

Que se passe-t-il pour vos clients si vous en changez ?

Un outil qui porte une adresse publique, un formulaire, ou un lien envoyé à des milliers de personnes ne se remplace pas comme un outil interne.

Le tri en trois colonnes

Toute la difficulté est de tenir la troisième colonne. Un plan de sortie qui ne comporte que des outils remplaçables n’est pas un plan, c’est une brochure.

Tri type d’une pile de PME de services. La colonne de droite est celle qui se discute, jamais celle qu’on supprime.
CatégorieSe remplace bienCe qui bloque en pratique
Relation commerciale et CRMOui, c’est même le meilleur premier chantier : le gain est immédiat et le périmètre est clair.Les automatisations et les séquences, qui ne s’exportent pas et se reconstruisent à la main.
Gestion de projet et suivi des tâchesOui. Les données sont simples et les habitudes se transfèrent vite.Les intégrations avec le reste de la pile, souvent plus nombreuses qu’on ne le croit.
Suivi du temps et facturation interneOui, et le gain dépasse souvent l’attendu, parce que ces outils sont facturés à tout l’effectif.L’historique, dont on a besoin pour comparer une année à la précédente.
Support client et base de connaissancesPartiellement. L’outil se remplace, les adresses publiques indexées beaucoup moins facilement.Les liens déjà envoyés aux clients, et le référencement des articles publics.
Suite bureautique et stockage de fichiersDifficilement, et rarement en premier. Le coût de perturbation dépasse souvent le gain.Les fichiers partagés avec l’extérieur, et la co-édition en temps réel, qui reste un vrai avantage.
MessagerieTechniquement oui ; humainement, c’est le chantier le plus sensible de tous.La réputation d’envoi, qui se reconstruit lentement et se casse en un jour.
VisioconférenceOui pour l’interne. Non pour l’externe, tant que vos clients utilisent autre chose.Le lien que le client sait ouvrir sans rien installer.
Comptabilité et paieNon, et ce n’est pas un échec : c’est un métier réglementé qui évolue avec la loi.La responsabilité légale et la mise à jour permanente des barèmes.
Banque, paiement et facturation légaleNon. Ce sont des infrastructures, pas des abonnements qu’on remplace.L’agrément, l’interopérabilité bancaire, et la conformité de la facturation.
Signature électroniquePartiellement, selon le niveau de preuve exigé par vos contrats.La valeur probante, qui dépend du prestataire de certification et pas du logiciel.

L’ordre dans lequel basculer

L’ordre compte plus que le rythme. Un chantier réussi en finance deux autres ; un chantier raté les annule tous.

On commence par ce qui coûte cher et ne touche pas le client

Le CRM et les outils de production interne répondent aux deux critères. On démontre le gain avant de demander la moindre confiance.

On continue par ce qui est facturé à tout l’effectif

Ces lignes sont les plus sensibles à la croissance : ce sont elles qui expliquent l’écart entre la projection à effectif constant et celle à effectif +30 %.

On garde pour la fin ce que le client voit

Messagerie, visioconférence, adresses publiques. On y touche quand le reste tourne et que l’équipe a confiance, jamais avant.

On laisse où il est ce qui est réglementé

Comptabilité, paie, signature à valeur probante, encaissement. Les rapatrier ne fait presque rien économiser et expose beaucoup.

Les erreurs qui font échouer une sortie

Basculer sans double fonctionnement

Quelques semaines de recouvrement coûtent une fraction de ce que coûte un retour en arrière précipité. Le double fonctionnement n’est pas un gaspillage, c’est l’assurance.

Confondre l’export et la réversibilité

Un export propre ne garantit rien sur les automatisations, les modèles et l’historique des échanges. Ce sont eux qui font mal, pas les enregistrements.

Sortir à trois semaines de l’échéance

Une sortie se prépare six mois avant le renouvellement. Sinon vous payez une année de plus, et vous la payez en ayant déjà commencé à partir.

Rapatrier sans plan d’exploitation

Un logiciel qui tourne chez vous a besoin de sauvegardes dont la restauration a été testée, d’une surveillance qui alerte, et d’un redémarrage automatique. Sans cela, vous n’avez pas gagné en souveraineté : vous avez changé de risque.

Oublier la personne qui sait

Chaque outil a un utilisateur avancé qui l’a configuré. S’il n’est pas dans la boucle dès le début, il devient l’opposant le plus efficace du projet.

Questions fréquentes

Comment sortir d’un logiciel SaaS sans interrompre l’activité ?

En commençant par un inventaire complet des prélèvements récurrents, en faisant passer à chaque outil un test de réversibilité, puis en basculant dans cet ordre : d’abord ce qui coûte cher et ne touche pas le client, ensuite ce qui est facturé à tout l’effectif, enfin ce que le client voit. Chaque bascule se fait avec quelques semaines de double fonctionnement.

Quels outils SaaS ne faut-il pas rapatrier ?

La comptabilité, la paie, l’encaissement et la signature à valeur probante. Ce sont des métiers réglementés qui évoluent avec la loi : les rapatrier fait peu économiser et expose beaucoup.

Combien peut-on économiser en sortant du SaaS ?

Cela dépend du nombre de sièges facturés et de la croissance de vos effectifs, jamais d’un pourcentage général. L’écart se calcule ligne à ligne, et il se creuse à chaque recrutement puisque le prix suit l’effectif.

Par quel outil faut-il commencer ?

Par celui qui coûte le plus cher au siège et que le client final ne voit pas. Dans une entreprise de services, c’est presque toujours le CRM.

L’étape d’après

La méthode est publique. Le travail, lui, prend cinq jours.

Nous appliquons cette méthode à votre pile : inventaire complet, projection à trois ans dans les deux scénarios, cartographie des données, plan de bascule et son chiffrage. 1 500 € HT, déduits du premier déploiement.